Résumés des mémoires

FAVRE, C., Le Malaise helvétique à l'Expo 64: Gulliver au pays de la censure.

Que doit être une exposition nationale et que devient-elle en définitive? Répondre à cette question en s'intéressant à l'histoire de l'Exposition nationale de 1964 sous un angle culturel peut nous éclairer sur les difficultés de la Suisse d'hier et d'aujourd'hui à résoudre ses contradictions. Le sujet est sous les phares de l'actualité compte tenu de la préparation en cours de la future Expo 02. Au malaise qui existait dans la société helvétique au début des années 60, une minorité d'artistes et d'intellectuels tentèrent de trouver des réponses par la voie de l'autocritique. En Suisse romande, le metteur en scène Charles Apothéloz et le cinéaste Henry Brandt participent déjà à cette réflexion sur le pays quand ils imaginent leurs projets pour ce qui devait servir de lieu de réflexion sur la Suisse, à savoir la Voie suisse. Confiants dans ce qu'ils concevaient comme une remise en question vitale pour la santé morale du pays, les deux artistes furent confrontés à un scepticisme certain au sein de la hiérarchie de l'Expo, dans un climat emprunt d'anticommunisme et de méfiance à l'égard de tout ce qui venait de la culture. Le verdict de cette analyse, soit l'autocensure de la direction sur les projets "Un jour en Suisse" et "La Suisse s'interroge", nous confronte nécessairement à la marge de manÏuvre d'une direction prise entre des impératifs artistiques, financiers et politiques difficilement conciliables. Ce jugement doit aussi nous remettre en question aujourd'hui et nous permettre de nous interroger sur la place réelle accordée à la culture dans ce type de manifestation politique.

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