Résumés des mémoires

ROTH, H.-J., La fusion des communes de l'agglomération urbaine genevoise en 1930.

Au tournant du XXe siècle débute en Suisse la période d'urbanisation liée au second souffle de la Révolution industrielle pendant laquelle des milliers d'individus migrent vers les villes pour trouver du travail. La plus grande partie de ces populations s'établit alors dans les communes situées à la périphérie du noyau urbain. A Genève, le nombre d'habitants des communes des Eaux-Vives, de Plainpalais et du Petit-Saconnex augmente de 45'000 entre 1895 et 1920. Tandis que l'espace urbain s'étend de façon continue, il reste divisé en quatre entités administratives distinctes qui développent chacune leurs propres services publics. Avec la Grande Guerre et la crise économique du début des années 1920 les communes et le canton plongent dans les chiffres rouges et en 1923 l'Etat frôle même la faillite. La coexistence de plusieurs communes dans l'agglomération urbaine paraît désormais trop coûteuse, c'est pourquoi le gouvernement genevois engage un processus de réforme administrative afin de réaliser des économies par la fusion et par la centralisation de certains services généraux au niveau du canton. La fusion doit également supprimer les inégalités fiscales entre communes. Elle pose cependant de gros problèmes politiques car sa réalisation créerait une ville englobant les trois quarts de la population du canton. Les partis bourgeois craignent que la ?Grande Genève? ne devienne trop puissante face à l'Etat et vont s'appliquer à en limiter les compétences. Ils se heurtent cependant aux résistances locales et à l'opposition d'un parti socialiste en en pleine ascension. En 1926 un projet de fusion prévoyant la substitution du Conseil administratif de la Ville par le Conseil d'Etat est refusé en vote populaire. La Ville devient ensuite un enjeu politique entre la gauche et la droite. Les discussions s'éternisent et il faut attendre 1930 pour que le peuple accepte un projet de consensus qui limite la puissance économique de la Ville par la transformation des Services industriels en régie autonome. Une comparaison avec les fusions du canton de Zurich révèle que Genève se distingue par sa situation de canton-ville. Enfin, il ressort des débats passionnés autour de la fusion que la question de la place de la Ville constitue une permanence dans l'histoire du canton de Genève.

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