Résumés des mémoires

NGAH NOAH Marguerite, L'incertitude et l'erreur médicales dans les mécanismes de l'épilepsie au milieu du XIXe siècle : les mémoires de consultation de Théodore Herpin (1799-1865), et le Journal de la maladie d'Alice de Gingins-d'Eclépens (1850-1866

Transcrit en 2004 par les étudiants du "cours-laboratoire" de recherche historique, Pinagot III, le Journal de la maladie d'Alice relate, en 402 jours, la vie quotidienne et la maladie cachée d'une petite fille, Louise-Blanche-Alice de Gingins-d'Eclépens née le 13 novembre 1850 à Gingins et morte à Gingins le 22 novembre 1866. Le journal commence à Gingins alors qu'Alice a presque 5 ans, et s'achève à Cannes vers ses 7 ans. Les indices de la maladie d'Alice et les signes de ses états physique et moral sont décrits par plusieurs personnes, du 2 septembre 1855 au 20 août 1857. Trente-quatre lettres complètent le journal. Ecrites du 9 février 1856 au 29 novembre 1866, ces lettres proviennent de Suisse et de France. Par correspondance ou à domicile, au château de Gingins et à Cannes, 10 médecins consultent Alice et prescrivent 35 moyens thérapeutiques. Parmi ces médecins figure l'un des médecins spécialistes de l'épilepsie au milieu du XIXe s., Théodore Herpin qui a publié les résultats de ses investigations diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques sur l'épilepsie. Selon l'appréciation des indices instables, les hypothèses médicales divergent sur la maladie équivoque d'Alice et ses causes probables. Les médecins évoquent : les troubles nerveux, les crises nerveuses et l'affection nerveuse; les inflammations et les crise inflammatoires; les congestions des muqueuses et des organes; l'irritation gastrique. Neuf ans plus tard, le rapport de l'autopsie du corps d'Alice attribue les causes de sa mort aux affections qu'elle a éprouvées à l'âge de 5 ans : la fièvre nerveuse et les symptômes cérébraux; la méningite due à une affection typhoïde. Le journal et ses correspondances démontrent que ces diagnostics sont erronés. L'incertitude médicale se dénote dans le nombre de médecins, leurs opinions discordantes et la diversité des traitements qu'ils préconisent pour une maladie qu'ils ne diagnostiquent pas. Les mémoires de consultation d'Herpin révèlent la maladie d'Alice. Le mémoire explore les fibres nerveuses de Tissot et décompose les métaphores médicales qui hypothèquent l'identi-fication de cette maladie.

© histoiresuisse.ch 2018 | confidentialité